C'était le 20 mai 2006, un exercice peu commun aux Accents Têtus : écrire à 3 mains !
Nous étions une trentaine à nous réunir dans un véritable atelier, prêté pour la circonstance,
à faire des gammes sur le mot atelier, dans l'esprit des rengas japonais.
Pour corser l'affaire, chacun avait recopié son début et fait circuler dans un autre sens,
ceci afin d'obtenir une autre version de l'histoire... Vous suivez toujours ?
Lisez plutôt !
Thierry, Armand, Isabelle, Fabrice, Nina, Frédéric, Michelle, Alain, Claudine, Philippe, Rosine, Erika, Christophe, Bruno, Sylvie, Marianne, Isabella.

Dans l'atelier obscur, les outils endormis dans la poussière emperlousée de la sueur du matin, rêvent à des jardins fleuris, à des vacances. Ils brillent doucement comme des Louis enfouis, trésor de travailleur attendant d'être pris. Dans l'atelier éclairé, des hommes réveillés, assis à des tables, emperlorisés de la sueur de la soirée d'écriture, écrivent des poèmes aimants. Leurs regards s'éclairent, émerveillés comme des enfants, à la lecture du don de leur voisin de droite comme de gauche, attendant d'être surpris par une écriture de génie ou une écriture venant du cœur. Dans l'atelier vide bientôt, les murs se souviendront des mains saisissant les gouges et griffonnant le papier. En espérant secrètement que ce lieu d'activité ne devienne pas une ixième agence immobilière ou un cabinet d'assurance.
J'arrive complètement désarticulée à l'atelier. J'accroche au portemanteau les parties de mon corps qui ne me seront pas utiles. Et je pioche dans la boîte à neurones et là je commence à réfléchir. Mes pensées brûlantes consument l'atelier. Où m'asseoir ? Tout est obscène ! la chaise semble suinter les humeurs des milliers de fesses qui l'ont occupée. Je ne peux l'attirer vers moi, je ne connais pas son prénom, nous n'avons pas été présentés. De toute façon il pleut ! Alors ? Merde, où sont mes bras ? Je sens que je vais repartir sur les genoux. Ma tête est à l'envers. J'ai épuisé ma réserve de neurones. Je ne sais plus où se trouve le portemanteau. L'orage a succédé à la pluie. La chaise s'est brisée en deux. Le banc s'est affaissé. J'ai fini par attirer la personne vers mois...Elle était infirmière. Elle m'a soigné quand je suis tombé de la chaise.
J'arrive complètement désarticulée à l'atelier. J'accroche au portemanteau les parties de mon corps qui ne me seront pas utiles. Et je pioche dans la boîte à neurones et là je commence à réfléchir. Mes pensées brûlantes consument l'atelier. L'atelier brûlé je m'en vais sans neurones ni parties inutiles. Il reste donc un tablier, le cœur et un cerveau vide, car sans cela je serai morte. Je vais devoir aller me refaire fabriquer le reste. Mais où ? Tiens ! un atelier d'où s'élève une fumée à l'odeur acidulée. A l'entrée, une affiche annonce « membres en pièces détachées ». J'y rentre satisfaite de m'y refaire une santé, Prête à retourner à l'atelier comme une poupée décervelée.
À l'atelier, il faut donc s'atteler. Mais là, pas de cheval, pas de charrette, pas de balade à la campagne, pas d'escapade vers les grands espaces. Car il paraît qu'à l'atelier, c'est tout fermé, c'est pour travailler, pas pour rigoler. Travailler cela peut être bien aussi. À l'atelier pourquoi pas créer aussi. Et si les cadences sont trop fortes, pourquoi ne pas s'évader ? Si on s'évade, on ne travaille plus. Mais là pas d'argent, donc pas de cheval, pas de charrette, pas de balades à la campagne...
À l'atelier, il faut donc s'atteler Mais là, pas de cheval, pas de charrette, pas de balade à la campagne, pas d'escapade vers les grands espaces. Car il paraît qu'à l'atelier, c'est tout fermé, c'est pour travailler, pas pour rigoler. Sauf qu'à l'atelier, je ne peux pas m'atteler, je ne peux pas travailler, j'ai perdu la clef. Il reste la campagne, les balades à cheval, les grandes escapades. J'ai juste oublié que j'étais resté du mauvais côté. Dans mon atelier. Enfermé à clef. Alors j'ai mis des cartes postales sur le mur de l'atelier. J'ai fermé un œil. Avec celui qui me restait j'ai imaginé que j'avais la télé et que les ouvriers fiers de leur ouvrage avaient décidé de repeindre le progrès avec des pavés volants, des chevaux sauvages et des enfants rêveurs.

Il y avait un grand frigo au fond de l'atelier.
Un frigo imposant. Le seul luxe. Jacques s'était installé là depuis quelques semaines.
On lui avait passé les clés. Son sac, quelques affaires et il s'était posé là.
Il était allé chercher ses instruments plus tard. Il s'était aménagé une couchette dans le freezer,
à la partie supérieure, et s'entraînait ainsi à dormir allongé entre les lattes de plastique.
Chaque soir, chaque nuit, il faisait le même rêve, celui d'être un fakir au Pôle sud, poursuivant un ours blanc
muni d'un arc et de deux flèches. Il faisait plutôt froid dans cette couchette étroite. Le goutte-à-goutte du
dégivrage lui martelait le crâne, tandis que la peau de son dos se trouvait collée aux glaçons. Qu'allait-il devenir ?
Gagné par la tiédeur d'un réchauffement progressif ou congelé par la fée électricité,
le combat du chaud et du froid, c'était là son destin.
Il y avait un grand frigo au fond de l'atelier. Un frigo imposant. Le seul luxe. Jacques s'était installé là depuis quelques semaines. On lui avait passé les clés. Son sac, quelques affaires et il s'était posé là. Il était allé chercher ses instruments plus tard. L'idée de faire de la musique avec de vieux copains jamais disponibles mais toujours enthousiastes l'avait poussé à récupérer quelques vieux fûts faisant office de batterie. Lui-même avait traîné dans sa vieille 403, son piano électrique qu'il était allé chercher chez sa vieille mère acariâtre. Un pack de bières bien froides au frigo, somme toute la répèt' pouvait commencer. Les vieux copains n'étaient jamais arrivés. Jacques s'en moquait. Il resterait là quelques semaines, puis partirait. Comme il l'avait toujours fait. En laissant le frigo au fond de l'atelier.
Moi j'habite dans un atelier, j'ai du bol, je vais savoir quoi dire, quoi écrire... Ben non ! Alors je fais mon Lacan et je dis, j'écris, "à te lier". A te lire. A te lire je me lis j'ai du bol dans ton atelier, tu crées que crées-tu ? le sais-tu ? pour quoi ? pour qui ? tu te lies ? Tu te lies te lisant et tu ris te raclant, à-vous-lier mes chers je m'attelle fou à lier et à vous lire je m'enferme dans un atelier-telage qui me fais perdre mon verbiage ! (sic) Ah Lacan !, j'aurais aimé être là-quand.
Dans les canapés profonds loin des bruits de la ville, j'écoutais les mots d'un autre, assisté de deux acteurs. Mon trop plein d'émotions avait la saveur exotique d'une gare dont les bruits depuis longtemps s'étaient évanouis. Juste le rail, juste les mots, plus un cheminot mais une gare désinfectée, un restaurant luxueux, Remplaçait l'atelier ferroviaire par les mots électriques. Un train bleu de mots tournait dans ma tête. J'irriguai la douleur un verre à la main. De mes voisins, des brumes évanescentes...rien. La profondeur du velours m'attira. Et c'est alors que la fille entra avec son rire en éclats. Le choc. Je la reconnus immédiatement. Une terreur paralysante s'empara de moi. Car je la reconnus, c'est certain, mais je ne savais pas qui elle était et d'où je la connaissais.
Dans les canapés profonds loin des bruits de la ville,
j'écoutais les mots d'un autre, assisté de deux acteurs mon trop plein d'émotions avait la saveur
exotique d'une gare dont les bruits depuis longtemps s'étaient évanouis. Juste le rail, juste les mots plus un cheminot mais une
gare désinfectée, un restaurant luxueux, remplaçant l'atelier ferroviaire par les mots électriques. Au fond
derrière le bar, par une entrée dérobée on entendait un rock débridé. Un restant de vapeur d'une
autre époque reluisait dans le moteur de cette boîte baroque. Il avait gardé sa casquette
Et croyait avoir le ticket ! Il attendait debout, d'un pied sur l'autre, reprenait le refrain qui repassait en boucle, aiguillé par ses sens
derrière ses origines,
Le sourire en bandoulière on aurait dit qu'il tenait en guise de tablette un bar : le bar des abonnés absents.

Dans un coin de l'atelier fleurissait le coquelicot. L'artiste, ce jour-là, délaissa son outil. Il s'assit, paisible, admira cette oeuvre éphémère d'une beauté si simple et si subtile. Qu'allait-il donc faire sinon rien. Resté là ébahi, ce sera son travail aujourd'hui. Il contemplait la fleur, en soupesait la couleur, la forme, cherchait à comprendre cette force simple; le pourquoi de son ébahissement. Désarmé par un végétal! Il prit racine là le reste de la journée. Et finalement non! Son téléphone se mit à sonner, ce qui le ramena à sa triste réalité, tout seul dans son atelier, il faut qu'il continue à travailler, son patron au téléphone comme à son habitude, ne fait que gueuler...Il l'écoute et regarde la fleur et se décide à lui raccrocher au nez en gardant en tête cette pensée : TRAVAILLER DUR N'A JAMAIS TUE PERSONNE MAIS POURQUOI EN PRENDRE LE RISQUE. Il reste là à contempler la fleur, il travaillera demain.
Dans un coin de l'atelier fleurissait le coquelicot. L'artiste, ce jour-là, délaissa son outil. Il s'assit, paisible, admira cette oeuvre éphémère d'une beauté si simple et si subtile. Qu'allait-il donc faire sinon rien. Resté là ébahi, ce sera son travail aujourd'hui. D'ailleurs, peut-on véritablement parler d'un travail ? Alors il repense à cette chanson "Gentil coquelicot madame, gentil coquelicot monsieur", et tout en dodelinant, ce qui m'arrange bien, il s'endort. Et comme on pouvait si attendre, il rêve. Dans sa bouche, un petit goût âcre, poivré, et sur la langue, des picotements asséchant la zone du milieu, tandis qu'une mince feuille soyeuse se dépose. La feuille se dédouble, puis se dédouble encore développant des arômes de menthe. Zut, il s'était trompé d'époque; il se réveilla.
Dans son atelier de campagne, il s'imaginait déjà au sommet
Jamais il n'aurait cru qu'un malfrat du préfabriqué viendrait le défriser au poteau. Depuis, il a
déserté tout atelier et toute campagne, Lionel attend encore qu'on l'appelle... « Scions, scions Travaillons ensemble, lui dit un type au bout du
fil. J'ai de la sciure et du placo à revendre, concevons ensemble un tripot, un atelier de rêve qui te permettrait enfin d'aller jusqu'au bout de ton drame
». Lionel est OK. Il veut bien suivre ce type. Mais il reste aux aguets. Le gars a parlé de drame. Un fou du placo : c'est sûrement rigolo !
Dans son atelier de campagne, il s'imaginait déjà au sommet
Jamais il n'aurait cru qu'un malfrat du préfabriqué viendrait le défriser au poteau. Depuis, il a
déserté tout atelier et toute campagne, Lionel attend encore qu'on l'appelle... Chaque matin, après son café noir, il se poste à
la fenêtre Avec pour seule compagnie la photo d'une minette à la poitrine artificiellement gonflée. Jamais personne ne passe Par la fenêtre,
seul le givre daigne lui faire signe à la fin de l'hiver. Pourtant son petit coeur d'artisan lui souffle que rien n'est perdu...
L'atelier, c'est l'endroit magique par excellence !
Tout est genèse. Tout est préparation. Ca mijote dans cet atelier ! Le rabot va dégrossir cette planche
de chêne. La scie grince avec magie. Les copeaux se déposent délicatement sur le sol. Le bon ouvrier se déplace avec
précision dans l'espace. Une création est en cours...La radio diffuse un air de java.
L'ouvrier prend son élan, ajuste la pièce qu'il vient de découper sur un étau, prend d'un geste sur le
bon outil dans la caisse puis, délicatement mais fermement fait chanter sa pièce de bois en fredonnant son air de java.
Mais la pièce de bois a des copeaux dans la voix qui se jettent sur l'air de java et la création est en déconstruction,
alors l'ouvrier brise la radio à coups de rabot.
L'atelier, c'est l'endroit magique par excellence !
Tout est genèse. Tout est préparation. Ca mijote dans cet atelier ! Le rabot va dégrossir cette planche de
chêne. La scie grince avec magie. Les copeaux se déposent délicatement sur le sol. Le bon ouvrier se déplace avec
précision dans l'espace. Une création est en cours... Et c'est le résultat de la théorie et de la pratique.
Bien sûr, la théorie, c'est quand on sait pourquoi ça marche... Et la pratique, c'est quand on sait comment
ça marche... Alors, pourquoi ici rien ne marche et qu'on ne sait pas pourquoi ? Parce que justement c'est la magie du lieu, un vrai
capharnaüm, un brouhaha de paroles et de grincement de chaises. On se rend finalement compte que tout finit par marcher

Odeur de suif Couleur grise des hommes fatigués Chaleur des fours Bruit assourdissant des machines Rien ne sourd de l'usine Cheminées rouges Silence des ombres sortant de la nef des fous noyées dans le gris bleuté des fumées Fumées hallucinogènes Cheminée multicolore d'où décollent et s'envolent D'autres fumées... pour tout dissiper Dans la moiteur de l'été
Odeur de suif Couleur grise des hommes fatigués Chaleur des fours Bruit assourdissant des machines Poussière envahissante La sueur coule des fronts la pénibilité de la tache est grande Mais malgré cela une énorme satisfaction dans la réalisation des oeuvres goût du travail bien fait Relent d'exploitation Talent dans les mains Colère dans le coeur Solidarité pour la survie
J'aime les tomates vertes acides , mais elles font mal, les perfides ! Dans mon estomac quel chantier, tous ces rouages en batterie pour faire fonctionner l'atelier. La tuyauterie se tord Dans tous les sens et très fort. Quand un boulon se dévisse, Que la mécanique se met à dérailler, J'attends que ça finisse. Dieu, que je regrette le goût de la tomate acide, Qui brûle mon estomac ! Le plombier appelé est arrivé, placide, M'a allongée sur mon hamac Et m'a vidée la tuyauterie.
J'aime les tomates vertes acides , mais elles font mal, les perfides ! Dans mon estomac quel chantier, tous ces rouages en batterie pour faire fonctionner l'atelier. Œsophage, estomac, intestin, Oh ! Mon Dieu ! Quel pétrin ! Du haut en bas, rien ne va. Vite, aux toilettes, oh la la ...
L'atelier endroit de création où l'ébéniste réalise des meubles où le peintre peint ses toiles. La chambre, endroit de création où deux êtres se rencontrent où naît l'émotion où se dessine l'avenir dans de longs soupirs. De l'atelier à la chambre, le long chemin du quotidien entre la toile et l'émotion le fil des jours heureux, si peu comme un bois noble trop poli >où brillent de noires créations.
L'atelier endroit de création où l'ébéniste réalise des meubles où le peintre peint ses toiles où le cuistot mitonne ses plats où la coiffeuse boucle la boucle où l'écrivain bave son encre où le fou fait partager sa folie où le clown fait son numéro où la montagne accouche d'une souris où le soleil court après la lune l'atelier endroit de perdition.
A comme aller au travail ou au turbin
T comme travailler ou tuer le temps
E comme encore ou en...
L.I comme lisant
E comme et ou en
R comme riant ou rigolant
A-T-E-L-I-E-R
A de ma vie
T de mon cœur.
E je fais quoi ?
L.I Liberté chérie.
R comme rouge carmin.
A comme Affectueux
T comme Terrible
E comme Elever
L comme Lumière
I comme Initier
E comme Elégance
R comme Rigueur
A comme aller au travail ou au turbin
T comme travailler ou tuer le temps
E comme encore ou en...
L.I comme lisant
E comme et ou en
R comme riant ou rigolant
A-T-E-L-I-E-R
A comme amusé
T comme travailler
E comme élaborer
L comme lecture
I comme ironique
E comme écrire
R comme raconter

A l'atelier je m'atèle , j'halète, je me sens bête. Pas si facile de créer, il faut suer il faut en chier. Par moment, je jubile, fébrile, sur le fil. J'y suis, je le sens, je crée, je surprends. Puis soudain, tu me regardes et là, je baisse la garde... Et je m'ouvre à toi. Mon esprit s'emballe. Mon cœur bat la chamade. Je ne suis plus là. Je suis dans ton regard. Je n'hésite plus. Je me lance. Je cours vers l'inconnu toi à mes côtés. Et puis je doute... Je me repose. Je rêve. Je reprends de l'énergie et de nouveau j'enchaîne le même circuit.
A l'atelier je m'atèle , j'halète, je me sens bête. Pas si facile de créer, il faut suer il faut en chier. Par moment, je jubile, fébrile, sur le fil. J'y suis, je le sens, je crée, je surprends. Puis soudain, tu me regardes et là, je baisse la garde... Je reviens, sur le métier, mettre mon projet Ton regard parfois me glace, parfois m'encourage A mes côtés, tu es tel un sage Pour m'accompagner sur le chemin de notre destinée.
L'atelier est un lieu où s'entremêlent la réflexion, l'imaginaire et l'activité physique - atelier où s'attèlent nos émotions enfouies au fond de nous pour entrevoir le monde extérieur et le regard de l'autre. Donc un lieu secret où seuls les initiés peuvent entrer. Mais si seuls les initiés peuvent entrer, l'échange va être limité alors comment partager ses connaissances, les transmettre ? Et pourquoi ne pas démarrer par l'apprentissage ? D'apprentissage, j'apprends. D'atelier, j'atèle. Peut-être que l'atelier n'est en fait qu'une simple attelle, celle du savoir qu'on n'avait pas appris ! Voilà pourquoi les apprentis de l'atelier forment un bel attelage.
L'atelier est un lieu où s'entremêlent la réflexion, l'imaginaire et l'activité physique - atelier où s'attèlent nos émotions enfouies au fond de nous pour entrevoir le monde extérieur et le regard de l'autre. Donc un lieu secret que seuls les initiés peuvent entrer. Pas si secret puisque des gens de passage peuvent tout de même nous regarder. On sait qu'ils vont repartir mais quand même ils ont tout vu, tout entendu. Le monde extérieur va entendre parler de nous. C'est risqué l'atelier. L'atelier a deux facettes, lieu intérieur, cloisonné, lieu extérieur, ouvert sur le monde extérieur, lieu de partage et d'échange également, lieu vivant.
Viens dans mon atelier Et je te montrerai : Mon transistor, mon matelas à ressort, Ma dégauchisseuse, ma shampouineuse Et sur l'étagère, tu verras ma p'tite mère, Une jolie cocotte A pas piquer des vers Tout est dans mon atelier A vendre ou à acheter. Il y en a pour toutes les bourses Des journées entières à faire des courses. Tu verras, tu en sortiras baba Et tu n'auras plus besoin de la caverne d'Ali Baba ! Allez viens dans mon atelier Il y a à boire et à manger Et si t'es fatiguée, p'tite mère Installe-toi là sur l'oreiller Dans mon atelier
Viens dans mon atelier Et je te montrerai : Mon transistor, mon matelas à ressort, Ma dégauchisseuse, ma shampouineuse Et sur l'étagère, tu verras ma p'tite mère, Une jolie cocotte A pas piquer des vers Au fond du couloir Des lunettes noires Et dans la cuisine De l'encre de chine... pour dénicher les rimes. La rime, le vieux Boris l'avait trouvée en écoutant le disque d'un chanteur goguenard qui faisait de la vinaigrette avec des pots de yaourt, et qui embauchait des déménageurs pour pousser des pianos à queue dans les boîtes aux lettres. Alors il s'était dit, Boris, que la Chine, ça valait le coup d'être vu derrière un drap et dans le noir.

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